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La
violence conjugale est
considérée comme un processus
au cours duquel, dans le cadre
d'une relation de couple
(mariage, concubinage, pacte
civil de solidarité), un
partenaire adopte à l'encontre
de l'autre des comportements
agressifs, violents et
destructeurs. Dans l'immense
majorité des cas, la violence
est le fait de l'homme. Aussi
, je vais prendre en
considération un contexte dans
lequel les femmes sont les
principales victimes de ces
agissements.
La
violence s'exerce sous
diverses formes : verbale,
psychologique, physique,
sexuelle, économique.
La
femme peut être atteinte dans
son intégrité physique :
gifles, coups de poings, coups
de pieds, sévices,
strangulations etc...
Son
conjoint peut avoir recours à
tout objet lors de l'agression
: brûlures par cigarette,
coups portés au moyen d'une
ceinture, utilisation ou
menace d'une arme telle que
couteau, fusil, outil, etc...
La
violence conjugale peut
également consister à
dénigrer, humilier la femme en
tant que personne ou se
manifester par des attaques
verbales, des scènes de
jalousie excessive, des
menaces pour l'isoler de ses
proches et de ses amis
pouvant, aller jusqu'à la
séquestration.
Il
arrive aussi que la femme ait
à subir des relations
sexuelles sous la contrainte,
accompagnées de brutalités
physiques, d'insultes, de
scénarios pornographiques
humiliants, voire de viols
collectifs.
Enfin,
une violence de nature
économique peut également
s'exercer, entraînant pour la
femme une privation de moyens
ou de biens essentiels, un
contrôle ou une spoliation.
Deux
ou plusieurs formes
d'agressions peuvent être
simultanément infligées à la
femme au cours d'incidents
répétés et souvent de plus en
plus sévères qui entraînent
des blessures, des séquelles
affectives et psychologiques
graves.
Cette
violence n'est pas que le
symptôme d'un ménage ou d'une
union en difficulté mais un
comportement inacceptable, une
infraction tombant sous le
coup de la loi.
La
violence contre les femmes
dans le couple n'est pas une
affaire privée. Elle nous
concerne toutes et tous!

HALTE A LA VIOLENCE
CONJUGALE !
Reconnaître les signaux !
La violence conjugale
prend de nombreuses formes qui
vont de l'humiliation à
l'extrême brutalité physique.
Toutefois, les signaux
d'alarme sont toujours plus ou
moins les mêmes. Il importe
donc de reconnaître ces
signaux pour prévenir ou
stopper la violence quand il
est encore temps.
Comment reconnaître cet homme
?
• Il a
été témoin ou victime de
violence lorsqu’il était
jeune.
• Il a
tendance à s’ancrer dans des
stéréotypes sexuels («les
hommes ne pleurent pas», «ils
rapportent l’argent à la
maison», «ils portent les
culottes»)
• Il a
tendance à se
déresponsabiliser avec son
passé (« j’ai été violenté
quand j’étais jeune», « j’ai
été élevé comme ça », …).
• Il
s’est habitué à se défendre
et à se faire respecter par
la violence.
• Il a
tendance à considérer que
l’expression des émotions et
des problèmes est un signe
de faiblesse.
• Il a
de la difficulté à exprimer
clairement et directement
ses besoins face à sa
partenaire ce qui l’amène à
se sentir incompris et non
respecté.
• Il a
tendance à refouler les
frustrations pour éviter les
conflits et à les exprimer
de façon agressive lorsqu’il
n’en peut plus.
•Il a
beaucoup de difficulté à
mettre ses limites et
lorsqu’il les établit, il a
de la difficulté à les faire
respecter, d’où l’impression
qu’on abuse de lui.
• Il a
une faible estime de
lui-même et bien que les
apparences donnent
l’impression du contraire,
il est très dépendant de sa
partenaire, il a besoin
d’elle pour bien fonctionner
dans la vie, pour augmenter
et/ou protéger son estime de
lui.
• Il
est égocentrique, centré sur
lui, sur ses besoins. Il
désire être compris et
respecté dans ce qu’il est,
mais il cherche très peu à
comprendre le monde
intérieur des autres, ce
qu’ils ressentent, ce qui
les pousse à agir ainsi.
•
Lorsqu’il s’intéresse à ce
qui motive les comportements
des autres, c’est souvent
pour les amener à se
comporter selon sa logique à
lui.
• Il a
tendance à croire que sa
façon de voir les choses est
la seule qui soit
acceptable. Il a des idées
très arrêtées et très
rigides sur ce qui est «
normal » et sur ce qui ne
l’est pas.
• Il ne
sait pas comment réagir dans
les situations stressantes
pour se faire respecter sans
se faire rejeter.
• Il
est plutôt orgueilleux, a
souvent trop honte de lui
pour admettre ses torts.
• Il a
de la difficulté à tolérer
la souffrance psychologique,
il cherche à la fuir, à la
nier.
• Il
vit beaucoup
d’insatisfaction au niveau
sexuel, mais il a beaucoup
de difficulté à en parler
clairement avec sa
conjointe.
• Il a
tendance à rendre sa
conjointe ou ses enfants
responsables de ses
comportements violents («
elle me provoque, elle sait
pourtant comment je suis »)
•Il a
tendance à faire porter aux
autres de plus mauvaises
intentions qu’ils en ont en
réalité.
• Il a
de la difficulté à accepter
la critique, les reproches
même lorsqu’ils sont
justifiés.
• Il a
tendance à nourrir des
attentes (conscientes ou
inconscientes) irréalistes
envers lui et les autres.
• Il a
de la difficulté à contrôler
ses comportements lorsqu’il
a consommé de l’alcool ou de
la drogue.
• Il ne
croit pas vraiment que son
comportement violent peut
avoir des conséquences
négatives sur ses proches.
• Il
croit que ses comportements
violents sont plus forts que
lui (« je perds la carte », «
je ne sais plus ce que je fais
», …).
•Il a
tendance à faire subir à ses
proches (sa conjointe et ses
enfants) les frustrations
vécues à l’extérieur de la
maison et qu’il n’a pas
réussi à exprimer en temps
et lieu.
• Il
croit que le monde entier
est violent, hostile et
difficile à vivre et que la
violence est le seul moyen
de survivre.
La violence augmente en
intensité avec le temps si
elle n’est pas arrêtée.
LE CYCLE DE LA VIOLENCE
1°)
JUSTIFICATION
Lorsque la tension est calmée,
l’homme regrette son geste, se
sent coupable, se dévalorise,
ne s’aime pas.
2°) LA LUNE DE MIEL
Il s’excuse, dit qu’il ne
recommencera plus. Sa
partenaire pardonne, accepte
par amour, par peur ou par
pitié… Tout va bien, c’est la
lune de miel.
3°) LES TENSIONS
L’homme recommence à se
contrôler, à cacher ses
émotions, à redevenir anxieux
devant les frustrations de
tous les jours qui s’empilent
les unes sur les autres
jusqu’au moment où une autre «
goutte fait déborder le vase
».
4°)
LA VIOLENCE
Ainsi, le cercle vicieux
recommence, car les
frustrations de l’homme n’ont
pas été réglées par celui-ci.
L’homme ne voit pas que sa
façon d’être, de penser,
d’agir fait partie du
problème, il cherche plutôt la
cause à l’extérieur de lui.
PREJUGES ===> REALITES !
Plusieurs mythes circulent
sur la violence conjugale
et sur les hommes qui
l’utilisent. Il est
important de défaire ces
fausses croyances qui ne
servent habituellement
qu’à déresponsabiliser
l’agresseur ou à
entretenir des préjugés à
son égard ainsi qu’envers
les victimes. Voici donc
quelques-uns des mythes
les plus répandus dans la
société et la réalité que
nous constatons
quotidiennement.
Ce n’est pas
un homme violent, il
n'utilise la violence
qu'avec sa femme. Au
contraire, avec moi c’est
un chic type.
Certains
conjoints violents sont
tout à fait corrects en
dehors de leur famille. Il
est possible qu’ils
n’utilisent la violence
que dans leur famille
parce qu’ils croient
qu’ils ont le droit de la
contrôler.
Il est violent
parce que sa femme le
provoque, en fait, elle
court après.
Peu importe ce que la
conjointe fait ou dit,
chacun est responsable de
contrôler son
comportement, il n’y a
aucune raison d’utiliser
la violence pour se faire
comprendre ou obéir.
C’est l’alcool qui
le rend violent.
L’alcool est utilisé
comme prétexte pour se
laisser aller à ses
impulsions. Le fait
d’arrêter de boire peut
faire cesser la violence
pour un temps, il demeure
toutefois un homme qui vit
de l’amertume, qui se
satisfait peu de sa
relation conjugale et qui
ne sait toujours pas
exprimer ce qu’il vit de
façon adéquate
C’est la jalousie
qui le rend violent.
Loin d’être
une preuve d’amour, la
jalousie est une preuve
d’insécurité personnelle
et de manque de confiance
envers l’autre. Il est de
la responsabilité de
chacun de mettre un terme
à la relation si elle est
insatisfaisante, mais la
jalousie ne justifie
absolument pas le contrôle
qu’elle entraîne
habituellement.
Certains enfants
ne comprennent qu’avec des
« coups de pied au cul ».
La violence
est un moyen de punir
l’enfant pour ce qu’il a
fait, il ne comprend rien
du tout si ce n’est que
dans la vie nous avons le
droit d’utiliser notre
supériorité physique ou
mentale pour obtenir que
les autres se soumettent à
notre volonté. La personne
qui violente son enfant
croit qu’en agissant ainsi
elle obtiendra le respect
et établira son autorité.
Peut être que la peur
amènera l’enfant à se
conformer au début, par
contre à long terme le
parent perdra le respect
nécessaire à ce que
l’enfant lui reconnaisse
de l’autorité.
Un homme violent
le sera toute sa vie.
Les
comportements violents
s’apprennent et se
désapprennent. Il est
possible d’apprendre à se
satisfaire comme père,
comme homme, comme
personne et comme
conjoint. À partir de ce
moment-là, la violence
n’est plus nécessaire.
La violence est
une maladie, on naît
violent. Une
« maladie » affective,
émotionnelle et sociale,
peut-être. Mais sûrement
pas une maladie physique;
contrairement à la
croyance populaire, il
n’existe pas de gène de la
violence et ce n’est pas
héréditaire non plus
Il est violent à
cause de son passé, de la
violence qu’il a subie
quand il était plus jeune.
On ne peut
nier que plusieurs
personnes qui utilisent la
violence aient été
elles-mêmes victimes dans
le passé. Toutefois, tout
homme violenté ne violente
pas nécessairement. Il est
possible de s’en sortir en
apprenant à répondre à ses
besoins adéquatement.

CONSEQUENCES POUR CES
FEMMES :
A)
Elles et leurs "maux"
La
traumatologie
Les
lésions traumatiques sont
une conséquence de la
violence physique.
Les pathologies chroniques
Toutes les pathologies
chroniques nécessitant un
traitement continu et un
suivi régulier sont
susceptibles d'être
déséquilibrées ou
aggravées par les
violences que ce soit des
affections pulmonaires
(asthme, bronchites
chroniques, insuffisance
respiratoire), des
affections cardiaques
(angine de poitrine,
insuffisance cardiaque),
ou des troubles
métaboliques (diabète).
Les décès
Les
violences conjugales sont
une des causes principales
de mortalité des femmes.
La
psychiatrie
La
violence psychologique
peut exister séparément ou
n'être qu'un préalable à
la violence physique
Il
peut s'agir :
-
de troubles émotionnels
: colère, honte,
sentiment de
culpabilité, sentiment
d'impuissance,
" auto-dévalorisation ",
états d'anxiété, de
panique, ou
manifestations
phobiques, réponses
normales à une situation
permanente de terreur ;
- de troubles
psychosomatiques :
troubles digestifs,
lombalgies chroniques,
céphalées, asthénie,
sensation
d'engourdissements et de
fourmillements dans les
mains, tachycardie et
palpitations, sentiment
d'oppression et
difficultés à respirer ;
- de troubles du sommeil
: difficultés à
s'endormir, veille ou
réveils nocturnes,
cauchemars ;
- de troubles de
l'alimentation : prises
de repas irrégulières,
anorexie ou boulimie ;
- de troubles cognitifs
: difficulté de
concentration et
d'attention, pertes de
mémoire.
Les
dépressions sont
fréquentes et frappent
plus de 50% des femmes
victimes de violences
conjugales. Elles sont
caractérisées par une
perte d'estime de soi, une
prudence exacerbée, un
repli sur soi, des
troubles du sommeil et de
l'alimentation, des idées
et/ou tentatives de
suicide. Elles peuvent
être la conséquence
naturelle d'une situation
dans laquelle la femme se
sent ou est réellement
dans l'impossibilité de
fuir le contrôle et le
pouvoir de son partenaire
qui la maltraite. Elles
peuvent être également
dûes au sentiment que la
vie du couple arrive à son
terme, à une grande
incertitude de l'avenir, à
la peur de représailles de
la part du partenaire, à
la crainte de perdre la
garde de ses enfants, à la
crainte de difficultés
économiques, ou encore à
une intériorisation de la
colère.
B)
Pourquoi ne font-elles
rien ?
Différents motifs -
souvent conjugués-font que
les femmes restent sous
l'emprise de l'homme
violent :
-
les menaces graves, la
peur des représailles
sur elle-même, les
enfants ou les proches,
le chantage au suicide
du conjoint, qui
s'accentuent au moment
où la femme décide de
rompre ;
Que faire ?
1. Briser le silence
Comment échapper aux
violences de l'autre,
faire cesser l'intolérable
? Partir, se cacher, tout
laisser, abandonner un
travail, des amis, un
foyer, disparaître ?
Dans
une situation de danger,
la victime a le droit de
partir et de se réfugier
dans l'endroit de son
choix avec ses enfants.
Elle
peut, si elle le souhaite,
signaler son départ et
porter plainte auprès des
services de gendarmerie ou
de police.
Qu'elle vive ou non avec
le partenaire violent, il
est essentiel, pour
elle-même et pour ses
enfants, que des mesures
de protection soient
pensées en amont des
situations de crise. Le
départ en urgence peut
être provisoire ou
définitif.
2. Préparer un départ
Si la
situation le permet,
certains documents ou
copies peuvent être
déposés avant un départ,
en lieu sûr (chez un
avocat ou dans une
association spécialisée) :
-
les
papiers officiels
(livret de famille,
passeport, carte
d'identité, carte de
séjour...),
-
les
documents importants
(carnet de santé, carte
de sécurité sociale,
carnets scolaires, carte
grise, bulletins de
salaire, diplômes,
chéquiers, carte
bancaire, avis
d'imposition, titres de
propriété, factures,
quittances de loyer,
liste des biens
personnels...),
-
les
éléments de preuve
(certificats médicaux,
témoignages, photos,
récépissé de dépôt de
plainte, numéro
d'enregistrement de
déclaration de main
courante, ordonnance de
décisions judiciaires).
3. Imaginer un scénario de
protection
Si un
épisode violent se
prépare, comment se
protéger, à qui faire
appel, où se réfugier ?
Pour faire face à une
situation de danger, il
est important de s'y
préparer.
-
Noter et apprendre par
coeur les numéros de
téléphone importants
(services de police,
permanence téléphonique,
locale ou nationale,
pour femmes victimes de
violence conjugale,
autres soutiens).
-
Identifier les personnes
pouvant venir en aide en
cas d'urgence.
-
Convenir d'un code de
communication avec une
personne proche (qui
peut elle-même avertir
les services de police
ou de gendarmerie).
-
Informer les enfants
sur la conduite à tenir.
-
Préparer un sac de
départ, à mettre si
possible, en lieu sûr
(documents importants,
carnet d'adresses
personnel, somme
d'argent, linge, double
des clés de maison, de
voiture).
4. Faire établir des
certificats médicaux
Les
violences subies par la
victime ont des
conséquences sur sa santé
(traces de coups,
traumatismes physiques ou
psychologiques,
blessures).
Il
est important de les faire
constater par un médecin
qui établira un certificat
médical accompagné, selon
la gravité des faits,
d'une incapacité totale de
travail (ITT), que la
victime exerce ou non une
activité professionnelle.
Si nécessaire, des photos
des blessures peuvent être
jointes à ce constat.
Le
certificat médical servira
d'élément de preuve pour
les procédures judiciaires
que la victime pourra être
amenée à engager
ultérieurement :
poursuites pénales,
procédures civiles
(divorce, séparation,
indemnisation).
5. Rassembler des
témoignages
Si
les violences conjugales
se déroulent
majoritairement dans le
secret du privé, cependant
des parents, amis,
voisins, collègues peuvent
néanmoins avoir été
témoins d'épisodes
violents ou avoir constaté
les conséquences d'une
situation de violence
infligée à la victime.
Ils
peuvent témoigner de ce
qu'ils ont vu, entendu ou
constaté. Les témoignages
par écrit doivent être
datés, signés et
accompagnés d'une
photocopie de la pièce
d'identité du témoin.
Ces
témoignages sont
importants, ils permettent
de corroborer les
déclarations des victimes.

LES ASSOCIATIONS ET
DIFFERENTES AIDES AUX
VICTIMES
Service des droits
des femmes
31, rue Le Peletier
75009Tel : 01 47 70 41 58
CENTRE NATIONAL
D'INFORMATION ET DE
DOCUMENTATION DES FEMMES
ET DES FAMILLES - CNIDF
114 Associations de
défense des droits des
femmes dans toute la
France
7, rue du Jura
75013 PARIS
Tel : 01 42 17 12 00
Adresses ou Site Web
SOS FEMMES
Adresses ou Site Web
Dans
la communauté
CA
SUFFIT vous
trouverez ce témoignage de
Claire, vous aurez peut
être un peu de mal à
comprendre, mais cette
personne vit au Canada et
ne parle donc pas le même
français que nous.
"Bonjour,
Je vais vous faire un
petit résumé de ma vie.
Je me suis mariée à 18
ans, trop jeune. Comme
bien des filles, j'étais
vierge et mon mari avait
de la patience pour
attendre ce grand moment
si précieux pour lui.
Mais moi j'avais peur en
partant de faire
l'amour, je ne sais pas
pourquoi, c'était comme
ça. Alors à force de
dire non il s'est
installé une peur
affreuse de me coucher
le soir car je pouvais
passer la nuit debout
pour éviter de faire
l'amour.
Au bout d'une année je
peux vous dire que
j'étais encore vierge,
mais des coups j'en ai
eu de toutes sortes. Je
me pensais coupable et
je me disais ben tu le
mérites, tu fais pas
l'amour.
Je me souviens d'avoir
été traînée par les
cheveux dans la neige,
nue. Je me souviens
d'avoir été battue à en
perdre connaissance, à
coups de poing. Et même
là je restais avec car
je me disais c'est ma
faute, je fais pas
l'amour.
Un jour 1 an après je me
suis décidée à le faire,
mais déjà là tout était
mort en moi, pas de
sensation juste du mal
et de la peur ; et me
voilà à 19 ans enfin
plus vierge : il va être
gentil. Et non, c'était
devenu comme une routine
pour lui, je crois que
me battre lui donnait du
pouvoir car sans me
rendre compte je m'étais
enlisée là-dedans sans
le vouloir ; j'étais à
sa merci. Je faisais
tout ce qu'il voulait
car j'avais peur à en
mourir.
Il m'attachait et je
pleurais et lui aimait
et me faisait des choses
que je ne peux nommer
car c'est trop... et la
la vie continuait et moi
j'étais soumise à ce
fou. Il gérait ma garde
robe car il était très
jaloux et je ne pouvais
sortir seule. Il barrait
les fenêtres avec des
visses pour ne pas que
je sorte et les serrures
étaient barrées à
l'intérieur alors il
prenait les clés et
j'étais dans ma prison
dorée.
Et un jour n'en pouvant
plus je me suis tailladé
les veines pour ne plus
avoir peur de lui je
voulais mourir, mais non
c'était pas mon heure ;
j'ai vu tout ce sang par
terre et là j'ai crié,
je ne pouvais sortir. Un
voisin a défoncé la
porte et m'a vue, m'a
transportée à
l'hôpital [a la gardeur]
où j'étais connue par
les médecins. Et là le
même médecin est venu
vers moi et m'a dit
: "Dis-moi que c'est
lui, juste un mot et je
le fais enfermer, je
sais que c'est lui qui
te bat. Mais encore là
j'ai dit non, c'est un
accident en brisant une
vitre ; sur il m'a pas
crue et haïssait mon
mari avec raison.
J'étais sous son
emprise, la femme
soumise qui le sert, le
lave, lèche ses bottes
enfin tout.
Un jour je tombai
enceinte avec le temps,
un merveilleux fils à
moi, je disais à moi. Et
là quand il voulait me
battre je courais dans
la chambre de mon fils,
je le prenais dans mes
bras et là il me
touchais plus, mon fils
était mon bouclier.
Je vous raconte tout ça
en résumé car se serait
trop long, mais mon fils
a tout changé : en
grandissant il a entendu
son père me battre et
l'a mis dehors et c'est
grâce à mon fils si je
vis car après tout ça il
fallait voir un médecin
pour sortir de tout ça ;
ce fut très dur car la
maladie, la panique
s'installa dans ma tête,
la peur d'avoir peur ;
et là j'allais de
thérapie en thérapie et
les médecins me disaient
: "Vous n'étiez coupable
de rien, c'est lui le
malade, pas vous" mais
c'était l'enfer, j'avais
peur à en mourir et mon
fils m'a soutenue
là-dedans jusqu'à ses 17
ans.
Il couchait avec moi et
disait "Maman ça va
passer je suis là à côté
de toi, n'aie pas peur
Maman". Et je dépendais
de mon fils, il avait
pas beaucoup de liberté
car je le voulais
toujours avec moi,
j'avais peur seule. Et
un jour il me dit
"Maman je sors ce soir,
peur pas peur je sors",
je ne voulais pas mais
c'était ça. Et là
j'étais sur la ligne
phobie [0 à coeur de
jour au cls] en panique
tout petit dans un coin
comme une folle. Mais je
suis tombée sur un
médecin merveilleux à
qui je fais confiance
encore aujourd'hui, il a
dit : "Claire tu es pas
folle tu dois t'aider
sinon tu vas t'enfoncer,
tu dois te battre", et
bien sûr les médicaments
pour la panique.
Et avec le temps tout
reprenait sa place, ma
vie commençait à avoir
un sens et je faisais
beaucoup de
sport, c'était devenu
pour moi un ami le sport
jusqu'au jour où je fus
violée dans le bois ah
là je capottais j'ai cru
devenir folle, j'étais
folle je crois et encore
là mon fils m'a aidée à
cheminer là-dedans ce
qui fut affreux. Je peux
vous dire que la pire
insulte pour une femme
violée est que le mec
vous crache dessus
après, jamais
j'oublierai ça de ma
vie.
J'ai couché longtemps
avec un couteau, je
voulais le tuer car bien
sûr lui est libéré et
moi j'ai dû déménager
pour refaire ma vie car
vivre où j'étais avec ce
mec était impossible.
Encore là j'avais mon
fils ma petite bouée ma
petite sécurité.
Et la vie continua
je dus voir des médecins
et tout recommencer à
zéro. Mais mon fils
était là et bien sûr ça
a pris du temps avant de
reprendre la course,
j'avais peur, mais là je
fais du sport et c'est
mon moyen de relaxer ;
j'ai une alarme à la
maison et je vous jure
si jamais un mec lève la
main sur moi je le tue
cette fois pour ceux qui
m'ont brisée, et ça
c'est affolant de penser
comme ça.
Je vis maintenant avec
un amour merveilleux,
plus jeune que moi mais
super pour moi, doux,
tendre, tout ce que je
n'ai pas eu, et mon fils
est en couple avec une
petite infirmière et
peut faire sa vie en
paix car il sait que mon
chum est une perle.
Voilà en bref la vie
d'une femme soumise par
la peur mais qui
aujourd'hui veut vivre
sa vie et être heureuse
et oublier le passé. Sûr
je serai toujours en
thérapie car il y a des
choses qu'on ne peut pas
guérir côté sexualité.
Si je vous dis que moi
pour un simple examen de
routine pour le cancer
je suis endormie car il
m'est impossible de
passer une cytologie je
suis une femme brisée à
vie mais que un seul
homme peut comprendre et
c'est mon chum, car il y
a beaucoup d'interdits
dans notre lit et il dit
rien et me comprend.
Je dis à toutes les
femmes ne laissez jamais
un homme vous dominer il
a pas le droit même avec
une rose de vous battre.
J'espère que mon
témoignage servira à
toutes les femmes qui
comme moi ont peur de
parler. La famille les
amies et tout il faut
parler et rien garder.
Si j'avais pas gardé
tout ça pour moi des
années je ne serais pas
ce que je suis, la
maladie est là bien sûr
due au stress vécu et je
vis plus dans la maison
que dehors, mais je suis
vivante et heureuse avec
mon chum mon fils, ma
petite bru.
Bien à vous,
Claire et je ne me cache
pas, c'est une partie de
mon vécu en résumé, et
je ne pleure pas, je
suis fière de le
raconter si ça peut
sauver une femme une
seule je serai heureuse
ciaoooooo et la vie est
belle maintenant pour
moi et je remercie Dieu
chaque jour d'être
sortie de cet enfer où
je vivais
Claire"
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